C’est là tout le travail de structuration et de mise en forme du TPE.

 Une fois la problématique trouvée, chaque groupe doit établir un cahier des charges afin de définir ce qui doit être fait et les limites de la production. Même si ce document (fiche) n’est plus obligatoire, il reste vivement conseillé pour les membres de chaque groupe, puisque cette fiche comporte les enjeux ou défis que doit relever le groupe dans l’élaboration du TPE. Décidé en équipe, c’est une forme de contrat moral qui lie l’ensemble du groupe : c’est la démarche que le groupe a décidé de suivre. Il peut être modifié au fil de la découverte progressive du sujet travaillé. Les modifications apportées doivent alors être décidées de manière collective et à une date précise.

Il présente trois composantes : définir la production, fixer les objectifs et prendre en compte les contraintes.

 La première étape de définition de la production, revient pour le groupe à répondre à la question « que fait- on ? » Le sujet doit être formulé sous la forme d’une proposition, de manière concise et doit présenter un caractère original par rapport à celui des autres groupes. Ainsi, pour un sujet relatif à quelle stratégie marketing met en place le groupe Auchan pour développer sa gamme de produits issus de l’agriculture biologique dans le cadre d’un TPE commun aux enseignements de sciences économiques et sociales et d’histoire et géographie, le thème de rattachement sera les entreprises et leur stratégie territoriale.

 La deuxième composante sera les objectifs que le groupe se fixe pour stimuler sa recherche documentaire sur le sujet, par exemple en cernant au mieux le public visé par le développement des produits « bios » chez Auchan.

 La troisième consistera dans la prise en compte des contraintes. Cela se fait à l’aide du questionnaire quintilien : Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Pourquoi ? Pour répondre à ces interrogations de manière réaliste, le groupe doit prendre en considération les moyens dont il dispose, la personnalité des élèves qui le composent et, notamment, leurs points forts, et le temps dont ils disposent pour faire aboutir leur projet, dix huit semaines en l’occurrence.

 Le cahier des charges est ainsi ajustable au gré des difficultés nouvelles rencontrées. A l’origine, suivant l’esprit de la réforme de 2002, il devait être fixé par la rédaction d’un écrit pour mettre les choses au point entre les divers membres du groupe, mais également pour éviter toute ambiguïté entre le donneur d’ordre et l’exécutant. C’est en tout cas une démarche essentielle de planification et de projection dans le temps du travail à accomplir par chacun des membres du groupe.

Le choix du canal de diffusion informationnel

 Il va nécessairement varier en fonction du public ciblé par l’information. Ce dernier terme vient du latin « informare » qui signifie « façonner », « donner forme à » et du latin « informatio » qui signifie «idée », « esquisse ». Par extension et depuis l’apparition de la presse au XIXème siècle, cette notion désigne la connaissance destinée à un public.

 

Identifier les sources et les circuits de l’information, faire le choix du support médiatique adapté à son objectif, distinguer la part de l’information et celle de l’opinion, savoir évaluer les différentes productions médiatiques (fiabilité, qualité esthétique, pertinence…), avoir conscience des publics auxquels on s’adresse et choisir les canaux adaptés : construire un projet de diffusion, savoir se situer dans les différentes sphères (publique, privée, institutionnelle), prendre conscience de la place et de l’influence des médias dans la société : connaître les caractéristiques et l’économie des médias, connaître les liens entre médias et démocratie doivent constituer les objectifs essentiels d’un tel choix.

 

Ainsi, un groupe de TPE qui choisit comme outil de communication la caméra vidéo, ne ciblera pas un public identique qu’un groupe qui va utiliser la dégustation de produits issus de l’agriculture biologique, ou encore qu’un autre qui procèdera à un sondage auprès des couples « mixtes » du lycée pour déterminer l’ampleur et la fréquence des mariages inter religieux, c’est- à- dire entre deux personnes de confession différente.

 

 Le choix du registre approprié

 Il doit être le plus approprié au message que chaque groupe de TPE veut faire passer, ainsi qu’au public visé par le contenu informatif de celui- ci.

 C’est aussi vérifier pour les élèves qu’ils emploient un vocabulaire correct et approprié pour expliquer les notions dont ils doivent restituer le sens. Pour cela, ils vont s’appuyer sur des thésaurus, c’est- à- dire des listes d’occurrences de termes voisins que l’on peut associer à d’autres : ce sont des mots- clés. Par exemple, pour « éléphant », le type sera « mammifère », la variable « herbivore » et l’instance « éléphant ». Les thésaurus sont des méta données, c’est- à- dire des données comportant un contenu informatif et qui sont issues de données primitives codées en langage binaire sous- forme de « 0 » et de « 1 » par les ordinateurs.

 Le choix du type de présentation du projet et de la production réalisée à l’oral

 A l’oral, les élèves soutiennent leur TPE, sorte de mini- mémoire d’une trentaine de pages, de la même manière qu’un mémoire universitaire.

 Cette présentation, s’il est préférable qu’elle soit centrée sur un aspect de la thématique traitée- pour cela, le sujet choisi comme la problématique qu’il sous- tend ne doivent pas être trop vastes- ne doit pas pour autant ne privilégier qu’un seul point de vue. Le type de présentation orale choisi doit au contraire permettre la représentation la plus large possible des positions philosophiques, historiques, économiques et sociologiques ou scientifiques ou littéraires sur le sujet traité. Dans une utilisation « éthique » de l’information, il convient en effet de « ne pas porter atteinte aux droits des personnes et de respecter les valeurs démocratiques » comme en dispose le projet de circulaire du 8 octobre 2010 émanant de la Direction Générale de l’Enseignement SCOlaire (DGESCO), dirigé par Jean- Michel Blanquer.

Si la présentation orale du TPE peut se faire sous diverses formes (pièces de théâtre, débat télévisé, conférence, colloque, discussions de comptoir… le moins possible exposé, car il faut que cela soit vivant et prépare les élèves aux études supérieures), celle qui permet des échanges entre représentants de différents lobbies, représentants de l’Etat et des usagers est encore le débat. Ainsi, pour un TPE relatif au mécanisme de l’influence des campagnes publicitaires en faveur du tabagisme chez les jeunes publics, ce type de présentation orale est la seule à pouvoir rendre compte du volume et du poids des intervenants dans ce secteur industriel et de leur influence sans cesse grandissante sur des publics de plus en plus jeunes ainsi que l’amplitude des questionnements et des problèmes de société que ce phénomène génère.

Sur la forme, cela va amener chaque groupe à structurer son dossier suivant un plan. C’est un moyen d’orienter le sujet et de l’organiser. Le choix du type de plan dépend nécessairement du sujet traité et de la matière dont on dispose.

Il faut alors reprendre les dossiers d’archives dans lesquels l’information a déjà été traitée : sélection, mise en relation entre différents documents, questionnements et discussions provoqués par leur lecture. Relire les carnets de bord des différents membres du groupe, permet de retrouver les données, observations et analyses déjà effectuées, les problèmes rencontrés, les évènements intellectuels ayant émaillé le parcours de chacun , les différents points de vue et les indications des enseignants.

 Le plan choisi peut être soit chronologique, soit descriptif, soit problématique, soit déductif, soit dialectique. Dans le premier cas, on suit les étapes chronologiques d’une démarche en insistant sur les évènements. On parle de plan descriptif quand on veut examiner deux ou trois aspects d’un problème, la description étant alors accompagnée d’analyses. Le troisième type de plan sert à exposer différents aspects d’un problème en soulignant comment ils interagissent, comment ils sont liés entre eux : il conduit ceux qui l’adoptent à proposer des solutions. Le plan déductif, quant à lui, examine les causes d’une situation en essayant de mettre en évidence leurs relations, les causes peuvent être indépendantes ou corrélatives. Cela conduit à l’observation de conséquences effectives et des actions à envisager. Le dernier type de plan est dialectique et se fait suivant trois parties : l’énoncé de la thèse soutenue, les critiques et réfutations de la thèse, et la « synthèse » amenant en réalité à formuler une hypothèse nouvelle pour dépasser le sujet, aller plus loin.

 

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